17 août 2016

Barbie pur produit de la société de consommation

La première Barbie est vendue sur le marché américain à partir de 1959. Elle est seulement vêtue "d'un maillot de bain aux rayures noires et blanches particulièrement télégénique, qui la met en valeur dans les premières publicités télévisées." (p.57)
Mais c'est surtout parce qu'elle est conçue comme support pour l'achat ultérieur de vêtements et d'accessoires. Car cette poupée est destinée avant tout à être habillée et déshabillée. Une publicité parue en avril 1964 dans "Le monde de Tintin" dit "Quel plaisir de m'habiller de mille et une toilettes [  ]. Tout en développant ton imagination et tes goûts, ton amusement se renouvellera au fur et à mesure que se complètera ma garde-robe."(p.51)

Lorsque dans les années 1990 s'amorce une baisse de la popularité de Barbie, Mattel effectue diverses modifications afin de capter un nouveau public, les petites filles en l’occurrence. Barbie devient princesse, fée. La couleur rose se fait de plus en plus présente et agressive, que ce soit sur les vêtements ou accessoires.


 Michel Pastoureau (historien spécialiste de la symbolique des couleurs) émet l'hypothèse (p.97) "qu'il s'agit d'une stratégie de marketing destinée à conquérir, non pas tant l'Europe que des pays émergents, et surtout un continent où le rose est admiré et porte bonheur : l'Asie."

J'ai fait une petite recherche dans la rayon jouet d'une grande enseigne d'hypermarché. Sur 24 poupées, la couleur rose apparaissait sur 20 d'entre elles (vêtement complet ou petite touche).

Lorsque Mattel "prend conscience de l'importance du marché constitué par la communauté des collectionneurs, l'entreprise se met à produire des séries limitées qui leur sont destinées." (p.109)






Et lorsque les ventes continuent de chuter (moins 21% en 2014), une nouvelle stratégie s'impose. L'exposition au musée des Arts décoratifs ne serait-elle pas alors un faire-valoir? C'est le constat que semble faire Emmanuelle Escoffié dans Progrès social du 21 mai 2016, où elle regrette que ce musée culturel participe à pousser à la consommation d'un produit fabriqué en Chine dans des conditions de travail qui font l'objet de nombreuses enquêtes. 

Pour ma part, j'estime qu'une telle exposition dans ce lieu n'est pas déplacée car il comporte une section "jouet". Mais il est vrai que cette exposition aurait été moins sujette à critique si elle avait correspondu avec  une date anniversaire. Par exemple 50 ans. 
Ce qu'a admirablement fait le musée en herbe en en 2014 pour fêter les 60 ans de Martine.

10 août 2016

La morphologie de Barbie

Deux lectures, deux visions différentes.

- Clarence Edgar-Rosa écrit dans la revue Causette (p.58) que "si [  ] Barbie était une personne vivante, elle ne pourrait pas marcher. D'ailleurs, son petit corps n'aurait même pas la place de renfermer les organes vitaux". Comme elle, on peut qualifier cette poupée de caricature PVC d'un idéal de corps féminin.

- Anne Monier, conservatrice du département des jouets au musée des Arts Décoratifs, nous indique qu"avec sa taille marquée et ses seins proéminents, Barbie (née en 1959) incarne [  ] la silhouette idéale des années 1950, celle qui met en valeur la mode de cette époque." (p.57 dans l'ouvrage "Barbie").

Donc je suis allée faire un petit tour du côté de la mode des années 50.
n°50 du 26 septembre 1947

illustration de René Gruau parue dans "Elle, n°195 du 22 août 1949, p. 12"
 vu dans "Les années 50" p..41
Tailleur Elsa Schiaparelli 1951 vu dans "Dé-boutonner la mode" éd. les Arts Décoratifs 2015 - p.72
Ensemble Belotte de Dior, collection automne-hiver 1953, vu dans Dior glamour p.80
MAIS COMMENT FONT-ELLES POUR AVOIR UNE TAILLE AUSSI FINE ?
Croquis de guêpières des maisons Cadolle et Détolle par R. Rouffiange 1948 paru dans "Les années 50 p. 21
Publicité parue dans Elle n°420 du 28 décembre 1953 p. 11
Mais est-ce que la taille de Madame Tout le Monde était aussi fine 
que celle de la silhouette mise en valeur sur papier ?
L'écho de la mode n°31 du 2 août 1959 p.11
PEUT-ETRE PAS !
Le petit écho de la mode n°20 du 15 mai 1955 p.5

3 août 2016

Barbie se met en scène

Toute l'exposition est mise en scène. Voici une belle lapalissade : les expositions regorgent d'inventivité et utilisent tous les supports du XXI ème siècle à leur disposition pour mettre en valeur leur sujet. 

Ici les modèles présentés font écho aux films promotionnels
Là un mur entier permet de montrer l'extravagance en nombre et en couleur de la garde-robe.
Bizarrement, mon œil s'est focalisé sur la couleur rose. Alors qu'il y a aussi du bleu et du jaune. 

Quelle signification donner à cette présentation sous cloches ? 
Son choix n'est certainement pas dû au hasard.

Pour d'autres vitrines, le thème est évident.
Les différents prototypes
La famille et les amis de Barbie
L'exposition montre aussi comment Barbie a été mise en scène par de nombreux artistes
Coiffeur pour dames - Olivier Rebuffa - 1994
Barbie foot - Chloé Ruchon - 2009

Par ailleurs, tous les moyens sont bons à la société Mattel pour mettre en scène la star Barbie : 
- COLLABORATION AVEC DES CRÉATEURS DE HAUTE COUTURE
Calendrier "My year with Christian Louboutin in Paris" - 2009
Jérémy Scott pour Moschino - collection printemps/ été 2015

- RESEAUX SOCIAUX : 
Sur le compte Istangram @barbiestyle les vêtements et accessoires sont des exemplaires uniques qui ne sont pas commercialisés. Les concepteurs n'ont aucune limite.
Les poupées sont placées dans des environnements emblématiques : USA bien sûr, mais aussi Paris, et plus récemment ... le Musée des Arts Décoratifs. Tiens, tiens ...

- FILMS PUBLICITAIRES : les décors sont créés sous la direction de Lars Auvinen
 

 J'avoue que je suis restée longuement en admiration devant ces représentations. Et j'y ai vu 
L'atelier DIOR au 30 rue Montaigne ?
 
Vu dans "La Parisienne" - juin 2013 - p.15

Côté cour - vu dans "Les années 50- La mode en France 1947-1957" éd. Paris musées - Palais Galliera - p. 74


Le garnd escalier chez CHANEL ?
Non, après recherche, il se rapproche plus de celui de chez Dior, envahi par les acheteurs lorsqu'il n'y avait plus de place assise dans la salle
Vu dans "Dior Glamour" Mark Shaw- éd. Rizzoli New York - p.184
Les mannequins cabine - vu dans "Dior Glamour" Mark Shaw- éd. Rizzoli New York - p.71

L'atelier d'Yves Saint Laurent ? (à l'étage) 

Vu dans "Une vie Saint Laurent"P-D. Burgaud - A. Chamfort - R. Murphy - éd. Albin Michel - p.4-5


Catherine Deneuve debout à droite en tailleur vert clair ? Yves Saint-Laurent ? (2ème homme à droite)
(Je ne peux zoomer la photo, la qualité est mauvaise)

23 juillet 2016

Barbie: une exposition, deux visites, plusieurs angles de lecture

Il faut bien 2 visites pour voir tous les détails des 700 poupées exposées au musée des Arts Décoratifs
(jusqu'au 18 septembre 2016)

Surtout que lorsque je prends des photos, je suis beaucoup moins observatrice.
Donc une première visite le 28 avril avec Marylène où j'ai mitraillé à tout va.
Mais je m'aperçois en écrivant ce message que je non, je n'ai pas tout photographié, certaines photos auraient été bienvenues !

Bien sûr j'ai acheté le livre qui a été édité à l'occasion.

Sa lecture ainsi que celle des articles parus dans
Avril 2016 - p.58 et 59
du samedi 21 mai 2016
ont orienté mon regard pour venir vous présenter cette poupée mannequin mondialement connue.

Les articles pré-cités font une analyse critique, dans le sens où ils portent une appréciation sur le phénomène Barbie et sur l'organisation d'une telle exposition. Leur lecture m'a entrainé à prendre un peu de recul et aiguiser mon "esprit critique", au sens premier "qui discerne" : attitude mentale, méthodique, qui consiste à n'accepter aucune proposition pour vraie sans l'avoir analysée.

C'est en ayant en tête toutes ces informations que j'ai effectué la seconde visite le 13 juillet avec Olga. Pas de photo ce jour-là (pourtant j'aurai dû), mais des prises de notes pour compléter mes commentaires à venir.

17 juillet 2016

Mes dernières acquisitions

Une boîte à couture 
parce que je n'ai jamais assez de contenants 
pour ranger tout mon bazar.
Elle allie cartonnage et broderie, c'est très tendance. 
Je l'ai achetée à Cornimont à l'exposition Val Patch.
J'ai très vite trouvé à la remplir :
 Des pièces de mercerie données par Christiane.

Il m'a fallu un peu plus de temps pour lui trouver une place 
dans mon coin couture 
 qui commence à être encombré. 

 Jeudi 7 juillet, je me suis payé un petit coup de nostalgie :
 Une valisette en souvenir de celle que j'ai eu petite fille
Il ne reste plus qu'à la garnir du parfait matériel de la couturière.
Quand ? Pour un éventuel cadeau à venir ....
Voilà donc encore un objet 
qui aura bien le temps de prendre la poussière ...
Un de plus, c'est ma spécialité, j'achète souvent en prévision de ...