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16 septembre 2017

Artiste textile


Un de mes grands plaisirs consiste à visiter  musées et exposition qui ont trait aux textiles et à la mode au sens large.
Il est aujourd'hui commun de trouver des œuvres textiles dans les musées qui témoignent d'un riche passé artisanal et industriel français.Il me faudra un jour faire une cartographie de ces musées, disséminés dans nos régions. Qui doit d'ailleurs  déjà exister sur le Web.
Ce fut le cas lorsque j'ai visité le musée du mouchoir à Cholet (49) en avril 2016.
Le parcours situé à l’intérieur de l’ancienne blanchisserie de la Rivière Sauvageau, dévoile les étapes de la fabrication du tissu : de la fibre au fil, du fil au tissage ainsi que le blanchiment des toiles achevées. Dans la salle d’histoire, le visiteur découvre l’histoire du textile choletais et les conditions du travail ouvrier au XIXème siècle.  Pour tout savoir sur ce musée, cliquer ici

Aujourd'hui, le mouchoir rouge de Cholet est toujours tissé en ces lieux sous les yeux des visiteurs.

Lors de mon passage, il était présenté une rétrospective des œuvres textiles acquises depuis 15 ans.
Parmi elles, j'ai été attirée par deux œuvres réalisées par Brigitte Bouquin-Sellès en 2011.
  L'artiste a utilisé les lisières qui se forment lors du tissage des mouchoirs, que l'on aperçoit ci-dessous sur le côté droit du métier à tisser.
J'ai beaucoup aimé aussi cette œuvre réalisée en 1999 par Fanny Viollet



Au cours de mon périple estival 2017, j'ai pu admirer ces "boules" de laine 
 
au domaine de Chaumont sur Loire (41).
  
Malheureusement j'ai omis de noter le nom de l'artiste ! Mais MAGIE du Web !!!
Et une belle coïncidence comme je les aime !!!!

Je tape  "œuvre textile laine" sur le moteur de recherche le plus usuel et j'active les images. La première photo qui apparait est extraite du site "L'incroyable conjugaison du verbe coudre", dont j'ai souvent parlé ici. J'ouvre le lien qui me renvoie à l'article du 30 juin 2015 intitulé :

Sheila Hicks, une grande dame de l'art textile

Et lorsque je tape "Sheila Hicks" toujours sur le même moteur de recherche, je trouve, entre autre, "Sheila Hicks, domaine de Chaumont sur Loire". Et voilà, la boucle est bouclée !
Mais honte à moi : j'ai jeté un oeil très rapide dans la Galerie du Fenil et n'ai vu que les "satellites" (nom donné par l'artiste à ce que j'ai nommé "boule"), alors que l’œuvre comporte d'autres éléments !

Puis j'ai fait une halte à Argenton sur Creuse (36) au
où une tenture (sans nom) est exposée dans le hall d'entrée

Enfin, j'ai aussi croisé la route d'Odette Arpin qui a fondé en 1986 l'hôtel de la dentelle à Brioude (43).

Mme Arpin a redonné un coup de jeune et d'éclat à la technique de la dentelle au fuseau. 
L'hôtel est tout à la fois un musée, un centre de formation et une vitrine des productions contemporaines créées par l'artiste. Celle-ci a détourné la technique ancienne, blanche et "plate", utilisée dans l'habillement et en décoration (napperon, nappe) en lui donnant volume et couleurs. 
Elle collabore régulièrement avec la Haute Couture.
 Les photos étant interdites dans l'établissement,
je vous laisse aller farfouiller sur le Net pour admirer les œuvres exposées.

19 août 2017

AMITIE

L'offrande de cadeaux me semble un sujet d'études très riche pour les sociologues et les psychologues. 
C'est une situation qui parle de nous. 
Elle peut n'être qu'hypocrisie, 
elle peut être aussi le signe d'une estime et d'une compréhension partagées.

Ainsi Gérard, connaissant mon intérêt pour les travailleuses, m'a offert cet objet qui reste dans sa mémoire la travailleuse utilisée par sa maman.
 
Cet objet étant trop petit pour  ranger mes effets de couturière, 
le support a vite été détourné de son usage premier.
 Mais que faire du cœur ?
Le temps a passé doucement, et enfin EUREKA !
Ce cœur est reparti dans sa demeure d'origine, marque d'une amitié réciproque.
Un fond en application, 
une broderie au point de croix entourée d'un croquet maintenu par un point lancé, 
une fleurette (pour sa fabrication cliquer ici)
 Il n'y a plus qu'à suspendre des photos ou les prénoms de ses amis ...

4 août 2017

Fleur à 5 ou 6 pétales

Pour décorer mon dernier ouvrage j'ai réalisé un nouveau modèle de fleur
Couper 5 ou 6 cercles
à l'aide d'un gabarit en carton 
ou d'objets du quotidien à la dimension souhaitée.
Le diamètre de la boîte à mètre ruban mesure 4 cm  (fleur du centre à motif bleu), 
celui du pot à trombones fait 7 cm (fleur extérieure).

Avec le fer à repasser, plier chaque cercle en 2 puis encore en 2.
Passer un fil à petits points droits sur la base arrondie
de chaque pièce en veillant à placer le pli toujours du même côté.
Tirer sur le fil pour froncer les pétales 
Vous pouvez varier les tailles à l'infini. 
Pour des fleurs unies, j'ai utilisé de la doublure, plus difficile à travailler 
mais d'un très joli effet.

28 juillet 2017

Accroche-photos

En  décembre 2015, j'ai réalisé un "porte-photos" (cliquer ici).
Voici un autre modèle un peu plus élaboré. 
Je l'ai offert à Mauricette qui déménage pour se rapprocher de sa fille, en espérant qu'elle l'utilisera pour accrocher les cartes postales que je lui envoie lors de mes voyages cyclo-touristiques. 
Un très bon moyen pour maintenir du lien social avec des personnes peu friandes des nouveaux outils de communication : lorsque ma carte postale arrive à destination, je suis assurée d'avoir un appel téléphonique dans la semaine qui suit pour me remercier, et nous papotons gaiement pendant une bonne demi-heure. 
Du temps gagnée sur la solitude...
J'ai utilisé un vieux jean et une vieille chemise pour la doublure.
J'ai brodé "Bons baisers" au point de tige avec du coton à broder 
(c'est là que le fameux stylo magique m'a été bien utile). 

Les autres broderies sont faites au point de croix (2 fils de coton mouliné)
à l'aide de toile tire-fil
Une fois que la broderie est terminée, il n'y a plus qu'à tirer les fils.
Ne pas oublier de signer son ouvrage
J'ai agrémenté avec deux fleurs de tailles différentes cousues l'une sur l'autre.
 Si j'avais eu plus de temps 
(comme d'habitude, encore un cadeau que j'ai fabriqué au dernier moment!)
j'aurais fait des essais avec des fleurs ou des yoyos aux extrémités des rubans.

La structure support est un cintre de pressing
dont j'ai coupé et retourné le "col de cygne"

21 juillet 2017

Stylo magique

On n'arrête pas le progrès ! 
Mais moi je suis très en retard ! 
Je m'étonnais de voir des personnes écrire avec un stylo, 
puis effacer facilement leur écrit avec l'autre extrémité du stylo.
J'ai eu l'explication quand une brodeuse m'a parlé d'un stylo 
dont l'encre s'efface sous l'effet du frottement qui produit de la chaleur. 
Chaleur produite aussi par le fer à repasser ...
 J'ai donc adopté ce stylo "Frixion" de la marque PILOT.  

18 juin 2017

Il était un arbre

MERCI A SYLVIE, ANNIE, VIRGINIE, ISABELLE, ELIANE, SAMIA, RUTE ET MARIE-ANGE 
qui m'ont aidé à réaliser ce panneau.

Certains éléments ont été thermocollés, comme les mains
La majorité des feuilles a été positionnée selon le même principe. 
Quelques unes ont été cousues en leur centre par un point de tige.
Pour les baies, nous avons utilisé du galon à pompons, 
lesquels ont été coupés et enfilés un à un sur des aiguillées de fil rouge.
Mais quel est l'arbre ainsi représenté ? Ce n'est pas un cerisier. Alors ???????

2 mai 2017

Thermo-collant double face

Jusqu'à présent, j'utilisais de la toile thermocollée sur une seule face (voir son utilisation ici
Cette méthode nécessite de coudre le motif sur le tissu de fond.
Ce qui devient superflu avec le thermocollant double-face.
(Sauf si vous devez laver souvent l'ouvrage)

J'ai utilisé un produit en pochette qui trainait depuis quelques années dans mes stocks.
Vous pouvez vous le procurer aujourd'hui à la coupe au mètre. 
Il s'agit d'un voile protégé par un papier sulfurisé.
Une fois le motif choisi
appliquer la face encollée du thermocollant sur l'envers du tissu à l'aide du fer à repasser 
(réglage coton - pas de vapeur - maintenir le fer environ 8 secondes)
Laisser refroidir, puis découper le motif. 
Ôter le papier 
Il ne reste plus qu'à l'appliquer de la même manière sur le tissu de fond.
J'ai utilisé une chute de tissu tahitien (celui du canapé) pour colorer un sac à pain
Les formes triangulaires sont les chutes après découpage de la forme !

La technologie du XXIème siècle nous propose de nombreux produits qui facilitent les travaux de couture. 
Mais comment faisait-on avant ? Pour y répondre, j'ai fureté dans mes "vieilleries".

La première date de 1928 :
 Ce livre a souvent dû être ouvert : les pages se détachent
Il compte trois parties : la broderie, la tapisserie, la dentelle qui présentent l'historique de ces trois arts de l'aiguille, en sus des indications pratiques d'exécution et des différents genres dans chaque famille, .

J'ai trouvé ce qui m'intéresse pour aujourd'hui à la page 47 
(Première partie : la broderie - Différents genres de couleur)
"Les applications en couleurs - La broderie de couleurs dite "application" consiste en motifs de soie, de velours, de drap, et même  parfois d'indienne, découpés, puis appliqués sur un tissu quelconque,qui doit servir de fond.
Elle se fait pour pour robes et manteaux de dames; mais surtout dans l'ameublement pour coussins, tapis, meubles, rideaux.
L'application était déjà connue au Moyen-Age. avant la broderie au passé, c'était peut-être la manière la plus répandue pour produire des ouvrages polychromes. On peut donc faire en application des décors de tout style, en harmonie avec le mobilier qu'elle doit accompagner.
Le dessin des broderies d'application doit être tracé sur le tissu destiné aux décors et sur le tissu de fond.
Les motifs découpés sont tantôt attachés à ce dernier par un simple faufil soigneusement fait, et  tantôt collés.
Dans ce cas, avant de découper les dessins, on devra les doubler d'un papier de soie très fin, adhérant à l'étoffe par une colle légère faite avec de l'amidon de froment, qui a la spécialité de sécher vite. Encore faut-il que cette colle ne contienne pas trop d'eau et qu'elle soit étendue avec soin sans petits grumeaux ni bulles d'air.
Pour chasser celle-ci, lorsque la colle a été régulièrement étendue sur le papier au moyen d'un pinceau, et qu'on y pose l'étoffe, il faut, avec un linge propre, frotter ce tissu dans le sens de la trame avant de mettre le tout sous presse. Sans cette précaution, il pourrait se produire des gondolages défectueux.
Quand tout est sec et découpé très nettement, sans bavures ni effilochures, il faut mettre à nouveau de la colle sous chaque motif et l'appliquer sur les lignes correspondantes du fond. De nouveau, on presse sous une planche lourde ou alourdie par des poids, et il n'y a plus alors qu'à sertir ces ornements.
On le fait de diverses manières, tantôt par un feston, par un surjet ou cordonnet, par une piqûre, tantôt par une soutache ou une ganse, qui se coud parfois avec des points invisibles et parfois avec des points surjetés, d'une couleur vive et très apparente."

Ma seconde source n'est pas datée. Du moins l'exemplaire que j'ai en ma possession.
La première édition de cette encyclopédie est parue en 1886. 
Différents indices me laissent penser que la mienne (dénichée sur une brocante par Arnoldo) remonte au début du XXème siècle (mais après 1906).

Les explications pour encoller les tissus diffèrent peu de celles inscrites dans le précédent livre. 
Il y a seulement plus de précisions quant au mode pressage (page 207) :
"[  ] On pose sur une planche de bois droite et lisse plusieurs feuilles de papier qui ne devront avoir aucun pli, on y pose l'étoffe doublée de papier, on la recouvre de plusieurs autres feuilles de papier, que l'on presse finalement avec une seconde planche, sur laquelle on mettra encore des pierres ou des pièces de fer très pesantes. On laisse l'étoffe sous presse jusqu'à ce qu'elle soit complètement sèche."

Par contre, nous pouvons y lire page 822 la recette de la colle  :
 "Manière de préparer la colle pour fixer les broderies et les applications - Il paraîtra peut-être étrange de nous voir vouer un article spécial à une chose aussi simple en apparence. Elle ne l'est cependant nullement, car une colle mal préparée peut détériorer complètement un ouvrage commencé dans les meilleures conditions, ainsi que beaucoup de fournitures précieuses.
Pour préparer la colle, prenez de l'amidon de froment, non de riz, mettez-en dans un pot à fond concave la quantité que vous présumerez vous falloir pour l'ouvrage à confectionner; n'ajoutez à l'amidon que la quantité nécessaire d'eau pour arriver à le dissoudre et remuez avec une cuiller de bois jusqu'à ce que tous les petits grains aient disparu.
Faites bouillir pendant ce temps de l'eau pure, jetez-y de la résine pulvérisée (sur 1/8 de litre d'eau à peu près l'équivalent d'un pois sec); puis faites-y couler peu à peu, et en tournant toujours, l'amidon délayé. Laissez encore bouillir quelques secondes, retirez le pot du feu et continuez à remuer jusqu'à ce que la colle soit tiède. Il est indispensable de remuer pour empêcher la formation de grumeaux.
Ce genre de colle ne tache pas et ne ternit aucune couleur, fût-elle la plus délicate, à cause de l'absence complète de toute acidité. En hiver, elle peut servir pendant plusieurs jours de suite, et elle se conservera plus longtemps qu'en été, pendant les chaleurs. Sitôt que l'on observera la moindre altération, on ne s'en servira plus. N'employez jamais de gomme arabique pour faire le collage des broderies ou pour fixer les applications; les substances salines que contient la gomme tachent presque toujours les étoffes."

Alors, prêt pour la décroissance ?